
Aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, j'ai toujours eu beaucoup d'intérêt pour l'Histoire. Dès l'école primaire, ce fut une matière qui m'intéressa beaucoup, aidé par une excellente mémoire qui me permettait de retenir dates et anecdotes avec une grande facilité.
Petit à petit, ma curiosité s'est portée sur l'époque contemporaine et plus précisément sur les deux guerres mondiales. Ce qu'ont enduré les gens qui ont vécu cette tragique période m'a toujours ému. Et c'est surtout la Grande Guerre et ses destins brisés qui m'a captivée et m'a donnée l'envie de comprendre, de chercher, de découvrir, d'évoquer, ...
Mon histoire personnelle est d'ailleurs liée à cette guerre. C'est parce que la France manquait de bras que mes grands-parents maternels, tous deux nés en Belgique, sont arrivés enfants en France, avec parents, frères et soeurs, en 1923. Ils ont fait partie de tous ces Flamands qui ont remis en culture les terres désolées de la Somme, laminées par quatre années de bombardements. Là où l'utilisation d'une charrue était trop dangereuse, à cause des obus non-explosés enterrés dans le sol, eux utilisaient leur longue bêche traditionnelle pour remuer la terre. Lorsque j'étais enfant, je passais tout mon mois de juillet en vacances à la ferme de mes grands-parents. Dans la cour, des éclats d'obus de toutes tailles servaient à maintenir les bâches pour qu'elles ne s'envolent pas ; dans les remises, des casques rouillés, des caisses de munitions, des balles de tous calibres, ... faisaient partie du décor. Près du jardin entretenu par mes grands-parents, mon terrain de jeu était bordé par deux cimetières militaires où reposent 2.128 hommes. Dans le si petit village de mes grands-parents, Cerisy-Gailly, un hôpital de campagne avait été installé pendant presque toute la durée de la guerre, utilisé tantôt par les Britanniques, tantôt par les Français, ... Tous ceux qui n'avaient pas survécu à leurs blessures étaient enterrés là, d'abord dans le champ près du cimetière communal, ensuite, faute de place, dans un champ qui longeait l'hôpital.
Corbie, Albert, Amiens ... Dans les trois villes de ma jeunesse il y avait également des cimetières militaires, des monuments, ... qui rappelaient sans cesse l'existence de cette guerre. Et où qu'on puisse aller dans l'ouest de la Somme, pas une seule route ne permet d'ignorer les drames qui se sont joués là. C'est d'ailleurs pour rendre hommage à tous ces hommes ayant combattu dans ma région, en Picardie, que j'ai créé mon premier site personnel, en 2000, afin de perpétuer leur mémoire : Picardie 14-18.
Plus tard, devant la difficulté à trouver des informations intéressantes sur la Grande Guerre, et alors que les sites personnels sur le sujet se multipliaient, j'ai eu l'idée de créer un annuaire entièrement dédié à ce conflit : l'Annuaire 14-18.
Même en habitant désormais très loin de ma région natale, je continuerai d'évoquer le souvenir de ces combattants, c'est un engagement pour moi qui suis né à moins d'un kilomètre de l'endroit où Manfred von Richthofen, le fameux baron rouge, s'est écrasé avec son triplan le 21 avril 1918.